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Vincent Perrier-Trudov Conseiller municipal délégué aux nouvelles techonologies et affaires juridiques de la ville de La Madeleine (Nord), Président des Jeunes Centristes du Nord / Pas de Calais,...

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Articles du 09 février 2010

Le comble du trader

Vous connaissez les petites histoires enfantines, façon "blague Carambar", du type "Quel est le comble de..."? Aujourd'hui, on pourrait raconter l'histoire suivante:

"Quel est le comble du trader? C'est d'attaquer les Etats en raison de leur dette publique trop importante, dette que ces mêmes Etats ont contractée afin de sauver les banques où travaillent ces traders"

Je sais, ce n'est pas très drôle - cela ne devrait faire rire que les banquiers dits "d'investissement" et que l'on devrait qualifier plutôt de banquiers spéculatifs. Car c'est exactement ce qui est en train de se passer.

Même si, dans le cas de la Grèce, la dette publique est également due à une longue période de mauvaise gestion des finances publiques (nous devrions voir cela comme un sérieux avertissement), les déficits et les dettes des Etats ont plongé en grande partie en raison de la crise économique due à la spéculation irresponsable de ce qu'on appelle "les marchés financiers".

Cette appellation "marchés financiers" est d'ailleurs trompeuse. Cela donne le sentiment de quelque chose d'éthéré, d'inaccessible, et par conséquent d'irresponsable. La vérité c'est que "les marchés financiers" sont constitués en très grande partie par les banques, leurs succursales, leurs filiales, et leurs gestionnaires privés de fortune.

En résumé, les banques que nous avons sauvées sont actuellement en train de se retourner contre nous, au travers de la spéculation sur le marché obligataire (le marché de la dette publique des Etats). Et quand on lit les titres de la presse, on croit rêver "Les marchés sanctionnent la mauvaise gestion de la Grèce".

De quel droit les banques peuvent-elles aujourd'hui se poser en censeurs de ce qu'est une bonne ou une mauvaise gestion? Elles qui ont encaissé plusieurs milliers de milliards d'euros de dépréciation d'actifs, pour avoir, de manière industrialisée, prêté de l'argent à des personnes dont elles savaient pertinemment qu'elles étaient dans l'incapacité de rembourser.

Elles ont camouflé ce scandale en découpant ces prêts, en les disséminant au travers de jolis petits "produits structurés", en les faisant noter, par des agences de notations auxquelles elles étaient et sont encore aujourd'hui toujours liées, à des niveaux de sûreté équivalent à la dette publique française ou allemande, tout en affichant des rendements de 8% l'an!

Et aujourd'hui, non seulement elles se retournent contre les Etats qui les ont aidées, mais en plus elles se permettent de donner des leçons. Il y a des choses que je n'accepte pas.

Il est urgent que l'Europe mette en place une agence de notation européenne, issue des institutions de l'UE, afin de mettre fin à ce monopole privé sur l'évaluation financière.

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