Portrait

Vincent Perrier-Trudov Conseiller municipal délégué aux nouvelles techonologies et affaires juridiques de la ville de La Madeleine (Nord), Président des Jeunes Centristes du Nord / Pas de Calais,...

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Septembre 2010

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Les fantasmes de la création monétaire (1/?)

Lors de longs échanges à propos de mon article sur la nécessité d’un “Grenelle” des finances publiques, une théorie - qui peut à certains égards sembler séduisante - a été défendue par quelques commentateurs sur ce blog.

Pour ceux qui n’ont pas suivi le fil des commentaires, ou qui n’ont pas le temps de s’attaquer à cette longue lecture, en voici le résumé:

La création monétaire n’est pas du ressort du Gouvernement mais des banques privées, qui ne sont soumises qu’aux règles dites des “réserves fractionnaires”. Ces règlent leur permettent de créer des quantités considérables de monnaie par le jeu du crédit, dans des proportions sans aucune mesure avec les montants de leurs dépôts. Les banques font des profits, par le jeu des intérêts, sur quelque chose qui “n’existe pas”.

D’autres observent que la dette publique coûte des sommes considérables à l’Etat, notamment en intérêts. “Si l’Etat créait lui-même sa propre monnaie, il n’aurait pas d’intérêts à payer, cela lui coûterait donc moins cher. L’Etat devrait donc retrouver le monopole de la création monétaire et ne pas payer d’intérêts du tout.

Pour vérifier la validité d’un tel raisonnement, il convient d’abord de se pencher sur la question de ce qu’est réellement la monnaie. C’est là que l’on trouve la première faille dans le sophisme selon lequel “les banques font du profit en faisant payer quelque chose qui n’existe pas“.

Penchons-nous sur les éléments constitutifs de la monnaie.

La rôle de la monnaie:

Le rôle d’une monnaie est de permettre les échanges de biens et de services. Dans une économie de troc, on échange directement des biens et des services les uns contre les autres, sans intermédiaire. Le troc connaît actuellement un nouvel essor, par le biais de sites web qui proposent soit des échanges temporaires de logements - pour des vacances - soit des échanges directs de biens et/ou de services.

Le problème d’une économie de troc est son manque de fluidité. Il faut du temps et/ou de la chance pour trouver quelqu’un qui acceptera d’échanger son petit bateau amarré dans le Sussex contre une grange dans le Larzac. Ou un sac à main de marque d’occasion contre une peinture à l’aquarelle.

La monnaie assume donc d’une part, le rôle d’étalon de valeur, qui permet de mesurer la valeur d’un bien, et d’autre part, le rôle de vecteur de cette valeur, qui permettra à son détenteur d’échanger cette monnaie contre un bien ou un service qu’il désire, immédiatement ou ultérieurement.

L’utilisation d’une monnaie permet donc de rendre les échanges plus fluides, car elle élimine les contraintes d’échange bilatéral induites par le troc. Ensuite, elle élimine la contrainte de l’immédiateté de l’échange, puisque le détenteur de monnaie peut attendre avant d’échanger sa quantité de monnaie contre un autre bien ou service.

Le point central est donc l’assurance, pour celui qui accepte de la monnaie en échange de son bien ou de son service, d’être en capacité d’acquérir d’autres biens et services d’une valeur égale à celle qu’avaient les biens et services qu’il a cédé.

C’est ce qu’on appelle la confiance dans la monnaie.

La nature de la monnaie:

Dès lors, on s’aperçoit que la nature de la monnaie est complètement décorrélée de son “support”. Qu’il s’agisse de l’or, de l’argent, de papier ou de quelques 0 et 1 dans une mémoire d’ordinateur, ce qui compte c’est la confiance.

Quand la confiance disparaît, la monnaie elle-même disparaît. Ce phénomène de disparition de la monnaie, que l’on appelle ”hyper-inflation”, a été observé à plusieurs reprises au cours de l’Histoire: les assignats de la Révolution Française, le mark allemand des années 1920 ou le dollar zimbabwéen aujourd’hui en sont des exemples d’école.

Au cours de l’Histoire, de nombreux supports ont été utilisés pour la monnaie. Il y a eu bien entendu les métaux (or, argent, cuivre,…), mais également d’autres supports tels que des coquillages, ou plus récemment du papier.

Le choix du support était déterminé en fonction de la confiance qu’il était sensé véhiculer, et non pas seulement - ou pas du tout - pour sa valeur intrinsèque. C’est évident pour le papier, mais cela est vrai également pour l’or. La valeur intrinsèque de l’or en tant que métal était un des éléments de la confiance dans les pièces de monnaie en or, mais cela n’était pas le seul critère.

Au Moyen-Age, certaines pièces d’or étaient mieux acceptées que d’autres. Pourquoi? Parce que les systèmes de contrôle de ceux qui battaient cette monnaie étaient de qualité inégale. Certaines pièces étaient moins souvent contrôlées que d’autres et les risques de fraude étaient plus importants (limage des pièces, etc).

Le système de contrôle de la monnaie est donc un des éléments constitutifs de la confiance dans une monnaie - et par conséquent de sa valeur.

C’est donc une erreur que de croire que la monnaie a une valeur en soi. La seule valeur d’une monnaie se “mesure” au niveau de confiance qui y est attaché.

Si on poursuit le raisonnement jusqu’au bout, on se rend compte que ce qui “existe” vraiment, ce n’est pas la monnaie, c’est la confiance qui est traduite au travers de cette monnaie. C’est pour cela que la monnaie peut être complètement dématérialisée.

Le “Tiers de confiance”:

C’est là qu’intervient le rôle du “tiers de confiance”. Un tiers de confiance est une personne, physique ou morale, qui joue le rôle d’intermédiaire, et qui intervient dans les échanges afin que les parties soient rassurées par les termes et les conditions de l’échange.

Tout cela est un peu théorique, mais en voici des exemples concrets. Si vous passez une petite annonce pour vendre votre voiture sur internet, vous avez tout intérêt à effectuer votre transaction au sein d’une agence bancaire. Le conseiller qui gère votre compte pourra effectuer les contrôles sur les billets, vérifier que le chèque de banque est un vrai, bref, vous assurer que l’acheteur vous donne la valeur réellement annoncée. Un certain nombre de personnes ayant accepté des chèques sans effectuer les vérifications nécessaires se sont retrouvées sans véhicule avec des chèques non provisionnés.

Au Moyen-Age, c’était celui qui pesait et vérifiait les pièces d’or, d’argent, etc qui assurait ce rôle. Mais le rôle de tiers de confiance est également assuré, d’une autre manière, par ce qu’on appelle les chambres de compensation. Ces organismes sont très utiles pour effectuer transferts et mettre à disposition des fonds à distance.

Imaginez que vous ayez un compte dans la même banque que votre grand-mère. Vous avez 200 euros, votre grand-mère à 200 euros, et pour votre anniversaire, elle vous fait un virement de 50 euros. Votre compte passe donc à 250 euros et le sien à 150 euros.

Tout cela est totalement immatériel, votre banque a simplement modifié les montants de vos comptes en banque respectifs. C’est le principe d’une chambre de compensation. S’il y avait une seule banque au monde, elle serait donc une immense chambre de compensation.

Dans les deux cas, c’est la confiance dans la monnaie qui est en jeu, et non une prétendue valeur intrinsèque de la monnaie.

En quoi cela invalide-t-il la théorie sur la “création monétaire” par les banques privées?

Tout d’abord, les banques ne créent pas la monnaie, elles constatent ou anticipent des valeurs présentes ou futures. Elles constatent la valeur d’un bien immobilier, ou anticipent la valeur de revenus futurs en fonction d’un emploi salarié.

En fonction de ces données relatives aux valeurs qui sont détenues ou qui seront détenues, elles valident un niveau de confiance quant à la solvabilité du demandeur, et accordent un prêt.

La valeur qui déclenche la création monétaire n’est donc pas du ressort des banques mais de la personne qui demande le crédit, puisque c’est cette personne, avec ses possessions et son travail, qui est à l’origine de la valeur.

Les banques ne sont donc les dépositaires que de la confiance - et c’est déjà beaucoup, et facturent leurs services autour de cette confiance. Qu’elles fassent des profits sur ces services est tout à fait normal.

Il est donc faux de dire qu’elles font des profits sur quelque chose qui n’existe pas.

Pour finir:

Je n’ai pas abordé dans cette partie la question des taux d’intérêts. Je l’aborderai dans un prochain article, mais je pense qu’un débat sur le rôle et la nature de la monnaie sont nécessaires avant d’aborder cette question. Car tout le débat est fondé sur ces définitions, et si l’une ou l’autre sont invalidées, ce sont toutes les déductions qui s’appuient dessus qui s’effondrent.

Je serai heureux également si le débat pouvait se concentrer sur les questions de principe (rôle, nature de la monnaie,…). En effet, si on le “pollue” avec des questions conjoncturelles (niveau et répartition des profits des banques,…), sur lesquelles il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire, on va s’éloigner du sujet de la création monétaire elle-même.

Au plaisir de vous lire!


 
 

Commentaires

  1. zoupic le 08 août 2008

    «En 2000, j’emprunte 100 à mon banquier, je dois lui rendre 104 en 2001. En empruntant 100, il créée 100€»

    Il ne crée rien du tout. Ces 100€ que vous lui empruntez, il les avait, déposés par de ses clients.

    A mon tour. On rembobine le film.

    «En 1200, j’emprunte une poule au père Martin, je dois lui rendre une poule et dix poussins en 1201. En empruntant une poule, il crée une poule».

    Il crée une poule? Ce n'est plus le père Martin, c'est le Père Bon Dieu!

    Tout ce qui a été créé, si on peut appeler ça "créé", c'est une promesse. Qui ne vaut que ce que valent les promesses.

    Si le père Martin a envie d'une omelette d'oeufs de cane il ira voir le père Mathieu: «le gars Jeannot m'a promis dix poussins pour 1201. Combien d'oeufs de cane tu me donnes aujourd'hui contre sa promesse de dix poussins?" Et le père Mathieu lui file deux oeufs de cane, car il a confiance en Martin et il sait que Jeannot est un gars honnête.

    Qui les a pondus, ces oeufs de cane? Martin, Jeannot, Mathieu, la cane de Mathieu?

    Selon RST, fier de son savoir livresque, Martin a pondu (il appelle ça "créer") deux oeufs de cane. Je crois même que, selon le même, Jean-Louis lui aussi a pondu deux oeufs de cane. Et Mathieu itou.


    » Envoyé par pi31416 le 18 janvier 2009

  2. Mon commentaire précédent est parti trop vite. Désolé.

    Le texte que je cite (qui commente vos propos) est de P.Derruder et est extrait d'un commentaire publié ici:

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=684


    » Envoyé par RST le 27 août 2008

  3. Je vo_us confirme que certains commentaires ont bien disparu (au moins l'un des miens que je reproduits de mémoire ci-dessous et un de AJH je crois)

    Commenta


    Oui les banques prêtent bien l’argent des épargnants, mais d’où vient l’argent épargné ? D’une mosaïque de crédits en amont. Ce qui est trompeur, bien sûr, c’est que l’épargnant n’est pas en règle général celui qui a emprunté. Il faut considérer les choses globalement.

    Pour donner une image il faut se représenter le système comme un bassin (la masse monétaire « existante » dans la société) alimenté d’un côté par un robinet d’eau (le crédit consenti à la société), et une évacuation au fond (le remboursement des crédits). Le niveau de l’eau dans le bassin dépend du rapport qui existe entre le débit d’alimentation et celui de l’évacuation. Quand je regarde les choses du pas de ma porte, j’ai l’impression que l’argent existe, car manifestement il y a « de l’eau dans le bassin » ; mais je ne perçois pas qu’il s’agit d’un flux en perpétuel mouvement. S’il n’y avait pas de nouvelles demandes de crédits, le niveau de la masse monétaire baisserait au fil des remboursements effectués. Alors oui, ce sont bien les gens qui sont à l’origine du processus de création monétaire par la demande de crédit, mais ce sont bien les banquiers qui, ayant seul le pouvoir de créer le signe monétaire sous forme d’écriture comptable, consentent les crédits et ont la main mise sur l’alimentation et l’évacuation.


    » Envoyé par RST le 27 août 2008

  4. Bonjour,

    Il me semble que si, tous les commentaires ont été repris, mais je crois qu'ils sont dans l'ordre inverse par rapport à mon premier blog (ordre décroissant contre ordre croissant).

    Je ne considère pas du tout le sujet comme clos, et j'ai toujours en projet d'apporter les épisodes suivants au premier que j'ai écrit.

    Mais vous constatez que l'actualité internationale, ainsi que la position que je défends - qui n'est pas forcément celle que la plupart des médias français relayent aujourd'hui, ne me laissent pas le temps de pouvoir continuer immédiatement sur ce sujet monétaire.

    Je ne vous oublie pas, et je ferai en sorte de continuer à débattre avec vous comme je l'ai fait sur mon précédent blog.

    Cordialement.


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 26 août 2008

  5. Bonjour,
    Sauf erreur de ma part, tous les commentaires n'ont pas été repris ?
    C'est dommage

    Vous avez l'intention de répondre enfin aux diverses questions soulevées ou considérez vous le sujet comme définitivement clos ?


    » Envoyé par RST le 26 août 2008

  6. Admettons que les banques créent de l'argent ex nihilo.

    Je vais à ma banque, je demande un prêt à 10% de cent millions pour m'acheter un yacht.

    Puisque la banque crée du pognon pour pas un rond (ça rime) pourquoi me refuse-t-elle? Ce serait 10 millions par an de gagnés pour elle.

    Soit:

    1. les banques ne créent pas d'argent
    2. elles peuvent en créer, mais s'y refusent.

    Cherchez la différence.


    » Envoyé par Tskvi le 12 août 2008

  7. Depuis 1980 je défend le point de vue suivant:
    C'est l'énergie qui est le principal système de référence dans les échanges humain, qu'il s'agisse de nourriture, de transports, d'électricité, et même de tableaux de maître (ou non), toutes les activités de l'homme nécessitent de l'énergie y compris pour vivre et procréer.
    L'unité commune de l'énergie d'aujourd'hui est le kilowatt/heure et qu'on habite New York, Tokyo, Montréal ou Bécon les Bruyères tout le monde (toute la planète) sait ce qu'est 1 kW/h .
    Les monnaies sont établies dans un système tellement relatif que plus personne ne connaît la base de référence à l'instar d'un vulgaire assignat!
    Il apparait qu'en convertissant 1 € ou 1$ ou 1 Yen etc... dans leur contre valeur en KWH la planète ne s'en porterait que mieux (moins mal)?
    Qu'importe si ce KWH est obtenu par le nucléaire, le charbon, ou l'eau, le soleil, la géothermie... il n'en reste pas moins vrai que c'est une valeur physique universelle planétaire insensible à la source de sa production.
    Si un Picasso vaut aujourd'hui 1M€ il peut être converti en 5,631 MKWH arbitrairement par le jeu d'enchère, le pain, le lait, le beurre peuvent être convertis en 7,435; 3,598 en Europe et 2,44; 1,71 en Chine , peut importe la contre valeur attribuée, mais au moins les banques seront moins "décisionnaire" dans le processus de création de monnaie et au moins celle-ci sera universelle ( 1 MKWH = 1 UU ,Unité Universelle)
    Je souhaite votre critique subjective, objective, à charge et à décharge

    NB sur Alpha Centaurus les UU ont la même valeur....!


    » Envoyé par zelectron le 08 août 2008

  8. @ Vincent
    Vous dites “La crise de crédit à laquelle nous assistons est une crise de la confiance”

    C’est surtout une crise provoquée par les abus d’un système rendu artificiellement ultra-sophistiqué et qui laisse le champ libre à la rapacité sans limites de quelques uns. Tout cela facilité, bien sûr, par une large dérégulation que nous voyons à l’oeuvre depuis plusieurs décennies.

    Si vous n’abordez pas le rôle du politique (au sens noble du terme) dans tout cela et que vous vous contentez de quelques nouvelles règles “prudentielles” pour essayer de contrôler les banques vous passerez à côté du problème. Il ne s’agit pas de réparer ou d’améliorer le système de notation ou d’évaluation. Il s’agit de repenser le système dans sa globalité, de fond en comble comme vous dites, et de s’attaquer enfin à cette sphère financière qui établit une nouvelle forme d’esclavage.
    Le fameux “mur de l’argent” a été reconstruit (en supposant qu’il ait été démoli un jour!), encore plus épais, encore plus haut. C’est devenu une muraille.


    » Envoyé par RST le 08 août 2008

  9. Par définition “créer” c’est “tirer du néant” (Larousse).. c’est bien la raison pour laquelle on parle de “création monétaire”: il serait même inutile de rajouter “ex-nihilo”… mais c’est mieux en le disant.
    Ce qui n’empêche évidemment pas que les banques sont - encore et heureusement - tenues par un certain nombre de lois (qui leur empêche par exeple de se faire crédit à elles-mêmes) et de régles comptables.


    » Envoyé par A-J Hobecq le 08 août 2008

  10. (j’ai raté la mise à jour des derniers commentaires, ceci était ma réponse à votre réponse… ;)


    » Envoyé par zoupic le 08 août 2008

  11. Le reproche est que les banques privées soient capables de réaliser la création ex-nihilo elles-mêmes

    => j’insiste sur le elles-mêmes, en contradiction avec le avant : emprunter à la BDF.

    3) Les banques ne créent pas la monnaie. Elles la constatent ou l’anticipent.

    Si on anticipe une augmentation de la richesse, on spécule selon un risque. Les banques créent le crédit qui correspondra théoriquement à cette augmentation de richesse.

    Donc oui elles anticipent, mais comme elles anticipent une augmentation, elles créent par avance de la monnaie, qui que ce soit remboursé ou non, augmentera de façon inévitable la masse monétaire d’au moins la valeur des intérêts du crédit.

    Il y a donc création monétaire, liée à la demande du consommateur égale aux intérêts + la part non remboursée en cas de défaut.

    Dans le cas de l’Etat, il y a création monétaire liée à la demande de l’Etat.

    Checkez le concept de la masse monétaire par rapport à la production de richesse.

    La masse monétaire est censée augmenter de façon liée à l’augmentation de richesse, ce qui permet d’anihiler tout inflation. Anticiper une augmentation, c’est créer. Je peux pas faire plus sur ce coup là.

    Les banques gèrent la création de monnaie, et sa destruction aussi au moment où le prêt se rembourse.

    Je vous la refais :

    Les banques privées crééent la monnaie ex nihilo (lié à 1/10ème de leurs réserves), selon la demande des clients et des Etats et leur capacité à rembourser.

    Le déclencheur est le client, ou l’Etat, le créateur est la banque.

    Celui qui créée touche les intérêts.

    Si c’était moi le créateur de monnaie, et non la banque, j’irai pas me faire chier à leur payer des intérêts pour qu’ils me prêtent un argent qu’ils n’ont presque pas.

    Oui? non?


    » Envoyé par zoupic le 08 août 2008

  12. Vous dites que vous vous faites allumer sur Agoravox, moi c’est sur Le blog d’Econoclaste.
    Je suis stupéfait de voir avec quelle violence de (supposés ?) économistes refusent pratiquement qu’un néophyte comme moi ose s’adresser à eux au sujet de la monnaie avec des questions “farfelues”. J’ai vraiment essayé de rester courtois (j’ai tendance à m’emporte) mais ils ont été absolument infects. J’ai cru devenir cinglé mais heureusement, une blogueuse est venue défendre des thèses proches des miennes. Comme vous dites, ça fait du bien.
    J’apprécie donc à sa juste valeur le dialogue (qui peut devenir parfois “musclé” tout en restant courtois) que nous avons et vous en remercie.
    On se rend compte en fait, qu’il n’est pas du tout évident de se faire comprendre en échangeant sur un blog malgré tout le soin que l’on peut y mettre.

    Je suis tout à fait d’accord avec vous qu’il faut revoir de fond en comble le système bancaire international mais pas forcément pour les mêmes raisons que vous.

    A suivre donc… ;)


    » Envoyé par RST le 08 août 2008

  13. E-N-F-I-N!

    Je savais que je ne devais pas désespérer de tomber d’accord avec vous. Dans votre discours, tout montrait que vous réfléchissez par vous-même, avec ouverture d’esprit, et sans préjugés.

    Et vu comme je me fais “allumer” sur Agoravox pour le même article, je dois vous avouer que cela fait du bien… ;-)

    La définition de la confusion, que vous avez trouvée sur ce lien me convient parfaitement. Malheureusement, elle est à mon avis assez présente dans l’esprit des gens qui défendent cette théorie. Elle est d’ailleurs présente tout du long dans la vidéo dont vous m’avez donné le lien.

    Vous avez probablement remarqué que je fais en sorte d’apporter un certain soin à la rédaction de mes articles et de mes commentaires. Cela me prends du temps pour les préparer et les écrire, et c’est pour cela que j’ai scindé mes réflexions en plusieurs “morceaux”.

    Mais M. Pierre Perrier a visiblement bien saisi dans quelle direction je penche. Je vais avoir l’occasion de dévelooper sur ce sujet, mais je pense sincèrement qu’il ne s’agit pas d’une question philosophique, mais au contraire, d’un impératif pratique.

    Il faut absolument revoir de fond en comble le système de contrôle, de notation, d’évaluation de la confiance des établissements bancaires.

    La crise de crédit à laquelle nous assistons (crédit, crédibilité, confiance, ne s’agit-il pas là d’un même champ sémantique?) est une crise de la confiance.

    Les banques refusent de se prêter entre elles car elles ne savent pas qui est exposé à quel niveau au risque des subprimes, puis à sa conséquence à savoir les rehausseurs de crédit.

    Toute mesure qui ne s’attaquera pas au coeur du problème, à savoir l’évaluation des établissements financiers, ne sera que de la poudre aux yeux, ou tapera à côté de la cible.

    Et là, on n’est plus dans le philosophique, mais dans le pratico-pratique.

    L’ancien système de parité avec l’or avait comme principal défaut de brider la croissance (encore une incursion dans mes articles à venir), par le fait même que le stock d’or mondial est de facto limité.

    Le système actuel est plus performant, mais comporte de nombreux risques telles que les bulles spéculatives.

    Mais je vous le promets, on y reviendra.

    Bien cordialement,


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  14. @ Vincent
    Les propos de Perrier Pierre sont surement très pertinents mais ils restent du domaine de la discussion philosophique.
    Si vous voulez revoir l’évaluation et le contrôle du système bancaire, il n’ y a pas d’autre moyen que de comprendre comment il fonctionne en pratique et dans le détail (c’est ce que vous semblez appeler “s’attaquer au système bancaire” ;)

    Sinon, en lisant votre commentaire de 3:49 je crois que pour la première fois nous allons peut-être tomber enfin d’accord :) sur ce que signifie “ex-nihilo” (qui je le reconnais, peut porter à confusion)

    Je vais citer les propos de Jean Jégu (http://pagesperso-orange.fr/jegu.jean/) qui a écrit en commentaire sur un blog ceci qui me parait bien résumer la situation :

    “Ceux qui comprennent que qualifier la création monétaire de “ex nihilo” veut dire qu’un banquier peut se lever le matin en décidant qu’il va créer dix millions d’euros, nous comprennent mal. Tout le monde sait bien que pour prêter il faut trouver un emprunteur. Notre banquier va donc tout au plus pouvoir se dire “ aujourd’hui, je vais m’efforcer de placer 10 millions d’emprunts”. Il faut donc reconnaître que le “ex nihilo” peut prêter à confusion, à beaucoup de confusion. Que diriez-vous d’une formulation qui pourrait être : “ la Banque crée de la monnaie scripturale par le crédit, sans recourir directement à aucune autre monnaie préexistante mais simplement sur l’engagement de l’emprunteur à rembourser le capital et à payer les intérêts convenus. Le remboursement du capital et l’acquittement des intérêts donne lieu à destruction monétaire équivalente, c’est à dire supérieure au capital reçu”.
    Je précise que l’adverbe “directement” est utilisé ici pour rappeler que l’attribution d’un crédit reste toujours soumise à des contraintes en matière de monnaie centrale (M0) du fait de l’obligation de fournir des espèces et de respecter les Réserves Obligatoires, ainsi que, plus généralement, les Règles Prudentielles actuellement répertoriées, je crois, sous le nom de Bäle II.”

    Cela vous convient-il ?


    » Envoyé par RST le 08 août 2008

  15. Eh oui! Voilà enfin quelqu’un qui voit où je veux en venir!

    C’est une fausse route que de s’attaquer au système bancaire en tant que tel. C’est son évaluation et son contrôle qu’il faut revoir.

    Bon, voilà mon quatrième article qui commence à être dévoilé… ;-)


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  16. Votre article sur la création monétaire.
    Je n’ai pas de compétences particulières sur ce genre de sujet et me présente donc comme un néophyte. L’existence de la monnaie a toujours été effectivement basée sur la confiance et ce terme gère probablement la totalité de la monnaie du monde libre puisque tous ses grands acteurs ont une “cote de confiance” établie par des établissements “renommés” en qui tout le monde est sensé avoir confiance… On peut seulement se demander si à notre époque cette méthode est toujours adaptée. “Avoir confiance” nécessite de mon point de vue de pouvoir évaluer au moins si cette confiance semble bien placée ou non. Or la complexité du monde monétaire et financier est telle, que personne de nos jours peut se vanter d’être capable de faire valablement cette évaluation. Les récents évènements financiers montrent à quel point il est néfaste d’avoir confiance dans ces critères de confiance.
    Il est donc temps à mon avis de revoir tous ces mécanismes d’échange, d’évaluation de risque, de cotation de “confiance”, de la même façon que les banques l’on fait pour le commun des mortels (tant de % du salaire, chiffrement du risque d’un revenue variable etc..). Ce type de méthode mathématique appliquée au mélange des risques (subprime) aurait fait faire tilt aux ordinateurs des banques et évité les désastres que l’on connait. Bien sûr le métier de courtier en gestion de risque perdrait en production d’adrénaline et la création de couverture de couverture verrait sa prolifération largement ralentie.
    La “science monétaire et financière” en est encore à ses balbutiements et donc en pleine confusion. En ce 21ème siècle, cherchons donc un “unificateur” des théories comme la physique a trouvé le sien au siècle dernier.
    En tout état de cause, merci de mettre un tel sujet à la portée des néophytes et ainsi participer à la clarification de phénomènes qui ont brisé la vie de beaucoup de gens.
    Amicalement.
    P.S. A ce que je crois savoir le montant de la masse monétaire (au niveau mondial) créée par les faussaires est non négligeable et ajoute au flou d’évaluation des critères de confiance et de leur application.


    » Envoyé par Perrier Pierre le 08 août 2008

  17. 1) Il faut 3 pages, car, parmi les personnes qui lisent ce blog, beaucoup d’entre elles ne connaissent pas les fondements de la théorie de la monnaie. Afin que tout le monde puisse suivre correctement nos échanges, un peu de pédagogie ne peut pas faire de mal.

    2) La théorie de création monétaire ex-nihilo est invalidée par:

    - le fait que la monnaie n’est pas une valeur en soi.

    Les banques privées ne “fabriquent pas de la monnaie”. Les banques ne sont pas des sortes d’alchimistes modernes qui utiliseraient un peu de vent et surtout beaucoup de 0 et de 1 dans leurs programmes informatiques pour se rendre aussi “riches” qu’elles le voudraient.

    C’est un fantasme d’imaginer le grand méchant banquier qui, derrière son écran d’ordinateur, va rajouter quelques zéros sur ses comptes bancaires et va devenir milliardaire par magie. Parce que tous ces chiffres ont des contreparties, et que, sauf exceptions type “Kerviel”, ces contreparties sont vérifiées, par des mécanismes de contrôle qu’il faut visiblement améliorer.

    - la valeur présente ou future qui est la contrepartie du prêt accordé par la banque est hors des mains du banquier.

    Ce n’est donc pas le banquier qui apporte une valeur en contrepartie, ou pire, qui crée de la monnaie sans contrepartie. Les banques ne créent donc pas de la monnaie ex-nihilo.

    Encore une fois, je m’attaquerai à la question du taux d’intérêt, de la croissance et de l’inflation dans un article ultérieur, mais il faut d’abord écluser complètement ce débat sur le rôle et la nature de la monnaie.

    3) Vous tronquez ma phrase, ce qui en déforme le sens. “Les banques ne créent pas de monnaie, elles constatent ou anticipent des valeurs”.

    Comme les deux parties de cette phrase sont totalement liées, vous ne pouvez pas estimer que l’une est fausse et l’autre est vraie.

    L’important dans cette phrase, c’est l’opposition entre les deux verbes “créer” et “constater ou anticiper”.

    Si une banque “crée”, au sens de fabriquer (sous-entendu à partir de rien), cela veut dire qu’elle est totalement maîtresse de l’ensemble du processus, que ce processus est discrétionnaire, arbitraire.

    Si en revanche elle “constate ou anticipe”, cela veut dire qu’elle est en aval d’un élément extérieur (la valeur), sur lequel elle a une action d’évaluation, mais dont l’origine et la maîtrise lui échappe totalement.

    J’anticipe sur un de mes articles ultérieurs, mais il est évident que c’est cette action d’évaluation de valeur qui a été totalement défaillante dans la crise des subprimes.

    4) Je n’ai pas oublié vos “10 millions”, j’en parlerai dans le cadre du prochain article sur le taux d’intérêt, la croissance et l’inflation.

    A bientôt


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  18. @ Vincent
    1) Vous dites :
    ?Si le rôle de la monnaie est d’être un vecteur des échanges - autrement dit une représentation de la valeur - et si le point clef est la confiance que les usagers ont dans cette représentation, alors, la conclusion est que la monnaie n’est pas une valeur en soi.?
    Je suis globalement d’accord avec ce que vous écrivez (bien que vecteur d’échange et représentation de la valeur soient 2 notions différentes). Les 3 fonctions principales de la monnaie sont bien connues : intermédiaire dans les échanges, expression des valeurs, réserve de valeur.
    Et oui, bien sûr, la base même de la monnaie, c’est la confiance.
    Je ne vois pas pourquoi il vous faut 3 pages pour nous expliquer tout ça ici. Cela n’a jamais été remis en cause puisque c’est la base.

    2) Je ne vois pas en quoi, ce qui précède invalide quoi que ce soit comme vous le prétendez en parlant de mon soi-disant aveuglement (je pourrais vous retournez le compliment)

    3) Vous dites
    ?Tout d’abord, les banques ne créent pas la monnaie (…)?,
    Soit vous jouez sur les mots et c’est totalement contreproductif soit vous êtes de mauvaise foi. Vous créez de la confusion pour les moins initiés. Le premier bouquin d’économie venu précise clairement que les banques créent de la monnaie. Il n’y a pas de polémique à ce sujet chez les spécialistes sérieux (mais certainement une grande méconnaissance dans le public… et chez certains banquiers parait-il). Vous entretenez cette confusion tout à fait inutilement.
    Certes, la monnaie a une contrepartie, elle a pour origine une demande crédit. Personne ne dit le contraire. Mais non, ce n’est pas vous et moi qui créons la monnaie. Nous n’avons aucune possibilité de mettre un chiffre à l’actif ou au passif d’un compte bancaire ! (et encore moins d’imprimer des billets ou de frapper des pièces). Si la banque ne veut pas vous faire crédit, il n’ ya pas de création monétaire !!!
    Vous confondez ( ?) la création en elle-même, et la raison de sa création. Je me demande si vous le faites exprès ou quoi ?

    ?(…) elles constatent ou anticipent des valeurs présentes ou futures.?
    Je suis d’accord sur ce point.

    4) Vous n’avez toujours pas répondu à ma question sur les 10 M€ (commentaire 23 du précédent sujet).
    En ce qui me concerne, j’avoue ma lassitude. Je reviendrai vous voir lorsque vous répondrez à ma question… si vous y répondez


    » Envoyé par RST le 08 août 2008

  19. Je répondrai ici aux parties de votre commentaire qui s’intéressent aux fondements théoriques de la monnaie.

    Quand vous dites “Le reproche est que les banques privées soient capables de réaliser la création ex-nihilo elles-mêmes [...] la première partie est mal décriptée”, je pense avoir bien démontré le contraire.

    1) La création monétaire étant la conséquence d’une constatation ou d’une anticipation de valeurs,
    2) Les banques n’étant pas les dépositaires de ces valeurs
    3) Les banques ne créent pas la monnaie. Elles la constatent ou l’anticipent.

    Vous l’admettez d’ailleurs quand vous dites “OUI : C’est un point très important, vous avez raison. Le crédit est généralement déclenché par l’emprunteur.”. Alors bien sûr, plus la banque a de clients solvables, plus elle gagne de l’argent - plus elle a de dépôts, plus elle peut démarcher de nouveaux clients solvables.

    Il n’en reste pas moins que la création monétaire est avant tout issue de la demande. On n’est pas dans un jugement de de valeur de savoir si c’est bien ou mal, qui est coupable qui ne l’est pas, on est dans un questionnement sur le mécanisme lui-même, ses fondements, ses origines et son fonctionnement caché.

    Ce n’est que comme cela que l’on peut valider ou invalider une théorie. Et dans ce cas précis, je pense avoir bien démontré que ce ne sont pas les banques qui créent la monnaie, mais vous et moi, tout un chacun, les grandes entreprises comme les petites, et même l’Etat…

    Je souhaite souligner ici un point qui semble primordial. A aucun moment dans mon article, ni dans mes commentaires, je n’ai dit “c’est de la faute de…” ou “c’est lui qui est responsable de…”

    Je m’en tiens strictement aux questions théoriques sur la monnaie, et le débat sur la pratique et ses excès viendra après.

    Un élément également sur la question du tiers de confiance.

    “Tout cela est un peu théorique, mais en voici des exemples concrets. Si vous passez une petite annonce pour vendre votre voiture sur internet, vous avez tout intérêt à effectuer votre transaction au sein d’une agence bancaire.
    => On ne parle pas de vendre sa voiture ou de vendre un logement, mais de demander un crédit, vous appliquez des exemples en changeant le sujet, ça ne va plus…”

    Vous remarquerez que ce paragraphe avait pour objet de clarifier la notion et le rôle de “Tiers de confiance”. Tous les lecteurs de mon blog n’ont pas forcément une connaissance approfondie des concepts économiques.

    Les tiers de confiance ont deux rôles principaux, sécuriser l’échange d’une part et d’autre part transférer et mettre à disposition des fonds. J’ai donc utilisé les exemples de vente de voiture et de la chambre de compensation, afin que tout le monde comprenne bien de quoi l’on parle.

    Je serai ravi de répondre à vos autres remarques lorsque j’aborderai le domaine du taux d’intérêt, de la croissance et de l’inflation.

    L’opportunité ou non pour l’Etat de “reprendre en main” la question de la “création monétaire” viendra à mon sens dans la partie sur les pistes de réforme du système actuel, qui a, par son fonctionnement, engendré un certain nombre de dérives dont certaines sont inacceptables.

    J’ai par ailleurs bien reçu vos documents et je vous remercie de votre envoi.

    Cordialement,


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  20. D’abord, je pense que vous avez mal résumé le débat :

    “La création monétaire n’est pas du ressort du Gouvernement mais des banques privées, qui ne sont soumises qu’aux règles dites des “réserves fractionnaires”. Ces règlent leur permettent de créer des quantités considérables de monnaie par le jeu du crédit, dans des proportions sans aucune mesure avec les montants de leurs dépôts. Les banques font des profits, par le jeu des intérêts, sur quelque chose qui “n’existe pas”.“

    => Le reproche est que, d’une les banques privées soient capables de réaliser la création ex nihilo elle même, de deux, elles remplacent la banque centrale pour le faire au niveau du peuple. Alors que la première partie est mal décriptée dans votre résumé, la seconde n’y apparaît pas.

    “Si l’Etat créait lui-même sa propre monnaie, il n’aurait pas d’intérêts à payer, cela lui coûterait donc moins cher. L’Etat devrait donc retrouver le monopole de la création monétaire et ne pas payer d’intérêts du tout.“

    => Ceci n’est pas tout à fait vrai non plus, il y aurait une augmentation de la masse monétaire temporelle, mais non liée à un paiement d’intérêt. Double conséquences : inflation dûe à l’augmentation d’offre monétaire temporelle qui disparaît une fois le crédit remboursé, et non augmentation de la masse monétaire dûe aux intérêts.

    Je pense qu’il est essentiel de bien comprendre ce que nous cherchons à obtenir, sans quoi ça ne sert même à rien de retourner à l’histoire de la monnaie, et on peut continuer longtemps.

    Pour la suite :

    Le point central est donc l’assurance, pour celui qui accepte de la monnaie en échange de son bien ou de son service, d’être en capacité d’acquérir d’autres biens et services d’une valeur égale à celle qu’avaient les biens et services qu’il a cédé.

    => On voit ici la notion de vieillissement de l’argent apparaître : mes 100€ aujourd’hui n’auront pas la même valeur que dans 6 mois, je ne parle pas par rapport aux autres monnaies, je parle d’€ du 6 août 2008. Liée à l’évolution de la masse monétaire, mon billet de 100€ ne m’assurera peut-être pas la même valeur. Donc on voit une limite de validité dans le temps de la monnaie liée à la conjoncture et à l’économie.

    C’est donc une erreur que de croire que la monnaie a une valeur en soi. La seule valeur d’une monnaie se “mesure” au niveau de confiance qui y est attaché.

    => OUI! Pour compléter : je dirai que la confiance en la monnaie dépend du pays, de ses actifs, de son histoire, de ses réserves, de sa dette, de sa balance commerciale, de son compte de capital, de l’offre de devise, de la demande de devise et puis du risque pays, lié évidemment à la situation géopolitique.

    Tout cela est un peu théorique, mais en voici des exemples concrets. Si vous passez une petite annonce pour vendre votre voiture sur internet, vous avez tout intérêt à effectuer votre transaction au sein d’une agence bancaire.

    => On ne parle pas de vendre sa voiture ou de vendre un logement, mais de demander un crédit, vous appliquez des exemples en changeant le sujet, ça ne va plus..

    Le conseiller qui gère votre compte pourra effectuer les contrôles sur les billets, vérifier que le chèque de banque est un vrai, bref, vous assurer que l’acheteur vous donne la valeur réellement annoncée. Un certain nombre de personnes ayant accepté des chèques sans effectuer les vérifications nécessaires se sont retrouvées sans véhicule avec des chèques non provisionnés.

    => faux, ou non généralisé. Dans les marchés des dérivés, on trouve les OTC, ou les marchés de grés à grés pour les forward. On constate qu’une fois que le marché regroupe les acteurs, ils sont capables de faire leur contrats de gré à gré, sans passer par un intermédiaire. Tout ça ne sont évidemment que des chiffres, et une fois la norme créée, il n’est vraiment plus nécessaire de passer par un tiers. La banque prendra de toutes façons une commission pour le transfert de monnaie comme elle le fait toujours lors de transfert d’argent, lors des compensations des transferts le soir venu.
    J’aimerai bien connaître la répartition des ventes par ebay, ça m’étonnerait qu’il y ait plus de 2% des ventes qui passent par des banques ou établissements autres que le clic “paypal”. Le système bancaire, qu’on ait confiance ou non, assure déjà ce service et prend déjà des commissions. Encore une fois, on est bien sorti du crédit et de la création monétaire…

    Tout d’abord, les banques ne créent pas la monnaie, elles constatent ou anticipent des valeurs présentes ou futures. Elles constatent la valeur d’un bien immobilier, ou anticipent la valeur de revenus futurs en fonction d’un emploi salarié.

    => Oui et non.
    Puisqu’il y a des intérêts, il y a création de monnaie, en dehors de la période de remboursement.

    Exemple :
    En 2000, j’emprunte 100 à mon banquier, je dois lui rendre 104 en 2001. En empruntant 100, il créée 100€ qu’il note à son actif en dette à mon nom, et verse sur mon compte. Le 1er janvier 2001, je lui rapporte fièrement les 104€. Il raye ainsi la dette, et prend les 4€ issus de ma création de richesse pour son compte. Cet argent : ces 4€ sortent de la stratosphère directement et sont simplement limités par BaleII.

    Il y a donc création monétaire, équivalente au prêt+intérêts, pendant toute la période de remboursement, et équivalente aux intérêts une fois la somme remboursée.

    Ensuite, si comme dans le cas du subprime, les banques anticipent une création de monnaie, et qu’elles les anticipent mal, tout ce système interbriqué et interdettement lié se casse la figure comme un chateau de carte.

    Les banques ne sont donc les dépositaires que de la confiance - et c’est déjà beaucoup, et facturent leurs services autour de cette confiance. Qu’elles fassent des profits sur ces services est tout à fait normal.
    => Vous voulez dire qu’on paye pour qu’elles crééent de l’argent éphémère, et qu’elles se fassent un pourcentage qui entraîne une augmentation monétaire ET un intérêt pur pour un service que l’Etat a les capacités de fournir?
    Les banques nous facturent déjà tous les services au prix fort, les cartes, la “sécurité” du système, ils ne rémunèrent pas les comptes courants (vous vous êtes jamais posé la question vous?), ils vous rémunèrent vos intérêts quand l’argent reste une quinzaine entière, comme si les petits billets pouvaient pas faire de petit dans le coffre fort s’ils restent pas 15 jours ensemble.. Allo? Vous en avez pas assez?

    Exemple issu de mon vécu :
    je suis en argentine actuellement et je paye 5€ tous les 63€ (somme maximale) retirés au distributeur. Il y a des filiales BNP ici, mais aucune n’a de lien avec la France. Cherchez la logique, à part faire payer le client.
    Cherchez dans chaque ville quel est le coin le plus moderne, et associez le nombre d’entreprises par secteur. Vous trouverez toujours les tours de crystal en verre pour les banques et autres établissement du crédit. C’est vraiment flagrant à Buenos Aires, ainsi qu’au Mexique, ça nous perturbe moins à la défense, la différence est moins gênante.

    => Dans le cas des banques qui facturent un service de confiance, pour un particulier OK, mais pas pour l’Etat, c’est son rôle historique et inné de gérer ce service, alors pourquoi le payer aux autres?

    La valeur qui déclenche la création monétaire n’est donc pas du ressort des banques mais de la personne qui demande le crédit, puisque c’est cette personne, avec ses possessions et son travail, qui est à l’origine de la valeur.

    => OUI : C’est un point très important, vous avez raison. Le crédit est généralement déclenché par l’emprunteur. On pourra donc blâmer les imbéciles de prendre des crédits à taux variables dans une conjoncture économique difficile. Honnêtement, qui dans le monde n’est pas sensible aux publicités pour le crédit omniprésentes, aux facilités de paiement alléchantes, c’est de la magie, payez en 10 fois sans frais, youhou.. Donc on a d’un côté des imbéciles, ou des personnes qui ne comprennent pas la conjoncture économique, ou qui ne peuvent prévoir et devraient réduire leur besoin, et de l’autre côté, on a Greenspan, l’économie US, la société de consommation, le marketing et les budgets de communication, la publicité qui vous créée tous les produits les plus aboutis pour 1) vous endetter jusqu’au cou 2) relancer la croissance artificiellement 3) nourrir les intérêts des financiers qui cherchent des recoins risqués pour faire travailler leur argent.

    Cependant, lorsqu’on s’éloigne du particulier pour revenir à l’histoire de la France et de VGE le 3 janvier 1971, on est face à un Etat qui ne peut évidemment payer ou boucler son budget, et qui ne fait pas trop d’efforts pour. Donc en l’obligeant à emprunter aux banques privées, on lui met des chaînes et un boulet au pied, dont on peut se passer, en continuant de faire comme avant.

    La création monétaire des banques est donc limitée à la capacité des peuples à s’endetter x 10. C’est VRAIMENT encourageant quand on sait qu’elle provoque une inflation monétaire systématique (cf démonstration plus haut), et puis à la vue des petits moyens qu’emploient les établissements de crédits, ça doit vraiment pas être si rentable que ça..

    Il est donc faux de dire qu’elles font des profits sur quelque chose qui n’existe pas.

    => Retour au résumé initial, et au passage à côté de ce que nous reprochons.

    Pour conclure donc, je suis d’accord sur tout ce que je n’ai pas repris, et je vous demande de préciser ou revoir les points que je relève. Je peux me tromper, mais j’avoue que j’ai potaché le truc un peu, même si je n’ai jamais fait de finance ou travaillé dans une banque. Je suis de toutes façons persuadé que même les responsables locaux de banque n’en ont aucune idée et s’en portent pas plus mal.

    Le point important au final, vis à vis de la dette française est que le M3 zone euro augmente depuis 71 en ajoutant la création monétaire pour payer les intérêts français et des autres pays européens endettés, ce qui d’un point de vue monétariste, fait que l’on fait aussi payer nos voisins pour notre mauvaise gestion, ou ce système à la con.

    Enfin, reprenez l’exemple de l’île des naufragés, le crédit social de Douglas, le jeu de C, ou le monopoly ou il faudrait rendre 104 à la fin du premier tour sans injection de monnaie extérieure, et vous comprendrez que le système est digne d’une chaise musicale : il n’y a pas de perdant tant que la musique continue.
    Je vous mail avec ceci quelques documents que j’ai, pour appronfondir vos recherches.

    Cordialement, et avec le plaisir de vous lire


    » Envoyé par zoupic le 08 août 2008

  21. Ce que je vois surtout, c’est que vous évitez de vous attaquer au “dur” de l’article, à savoir le rôle et la nature de la monnaie.

    Le fait que les banques ne “créent” pas de monnaie mais ne font que constater ou anticiper des valeurs présentes et/ou futures est une conséquence de ces deux éléments primordiaux.

    Si le rôle de la monnaie est d’être un vecteur des échanges - autrement dit une représentation de la valeur - et si le point clef est la confiance que les usagers ont dans cette représentation, alors, la conclusion est que la monnaie n’est pas une valeur en soi.

    A moins que vous ne prouviez le contraire sur ces deux points, la théorie qui vous aveugle est invalidée par cette démonstration. Et je vous invite à vous replonger dans les cours de Jacques Généreux, qui fut - soit dit en passant - un enseignant extrêmement agréable à suivre en cours magistral…


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  22. Désolé mais votre texte n’apporte rien au débat. Vous ne répondez à aucune des questions posées précédemment.
    Tant qu’à lire des textes sur l’histoire de la monnaie, je préfère les livres écrits par des professionnels.
    On repart de zéro et sur de mauvaises bases (”Tout d’abord, les banques ne créent pas la monnaie” ;)

    En ce qui me concerne, je vais donc arrêter là.


    » Envoyé par RST le 08 août 2008


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