Portrait

Vincent Perrier-Trudov Conseiller municipal délégué aux nouvelles techonologies et affaires juridiques de la ville de La Madeleine (Nord), Président des Jeunes Centristes du Nord / Pas de Calais,...

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Septembre 2010

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Chapeau Sarko! (et bravo Uribe!)

Il va falloir beaucoup de mauvaise foi pour dénier à Nicolas Sarkozy sa grande part de responsabilité dans l’heureuse libération d’Ingrid Bétancourt. Car, au-delà de l’immense soulagement de la voir enfin libre, et apparemment en bien meilleure santé que ce que l’on aurait pu craindre, il faut saluer le tour de force médiatico-diplomatique du Président de la République.

Ingrid Bétancourt était détenue depuis 6 années dans la jungle colombienne, car aucun des deux camps colombiens n’avait de réel intérêt à ce qu’elle soit libérée. Pour les FARC, elle représentait une valeur d’échange particulièrement élevée, dont ils ne souhaitaient pas se séparer sans obtenir en échange une victoire politique et symbolique de toute première importance .

Le Président colombien, élu sur un programme de combat contre les FARC, partisan de la ligne dure, ne semblait pas pressé de céder aux exigences de la guérilla. Le maintien en détention d’Ingrid Bétancourt servait paradoxalement sa politique, comme exemple de l’inhumanité des FARC, refusant de libérer une femme pacifiste et écologiste.

En secouant le cocotier médiatique comme il sait si bien le faire, Nicolas Sarkozy a réussi à renverser la vapeur de cette situation qui ne pouvait que s’enliser. Voyages, discours, rencontres, il a déployé tout son arsenal théâtral pour parvenir à deux avancées majeures.

En tout premier lieu, il a montré, grâce à la médiation d’Hugo Chavez, que les FARC étaient prêtes à libérer Ingrid Bétancourt sous conditions. La preuve concrète a été apportée par la libération de Clara Rojas, qui accompagnait Ingrid Bétancourt lors de son enlèvement.

Ce faisant, la pression politique revenait sur Alvaro Uribe. Puisque les FARC étaient prêtes à libérer Ingrid Bétancourt, c’était à lui de montrer sa volonté d’y parvenir. Il faut reconnaître que, jusqu’à hier soir, nous étions très nombreux à être persuadés - moi y compris - que ce dossier n’était pas sa priorité.

Nous nous sommes - fort heureusement - complètement fourvoyés. Alvaro Uribe a joué, à sa manière, une partition particulièrement audacieuse, et remarquablement bien menée. Décaptitation de la direction des FARC, utilisation de la confusion pour infiltrer les organes de décision, fausse ONG pour récupérer les otages en douceur, il ne manquait plus que James Bond en smoking et noeud pap’ pour que le tableau soit complet.

C’est aujourd’hui que l’on peut mesurer le chemin parcouru. Il était risqué, lors de la campagne électorale, de marteler avec autant d’assurance qu’il plaçait, parmi ses priorités, la libération des infirmières bulgares et d’Ingrid Bétancourt.

Pour les infirmières, le Président de la République avait l’avantage de négocier directement avec le preneur d’otages - à savoir Khadafi. Les négociations pour la libération d’Ingrid Bétancourt étaient autrement plus délicates.

Nicolas Sarkzoy a tenu ces deux promesses, même si peu croyaient qu’il y parviendrait. Il a mis en balance tout son talent d’animal politique, et sa manière bien à lui de mettre les pieds consciencieusement dans le plat. Il va désormais pouvoir recueillir tous les fruits politiques de sa volonté et de son entêtement.

Et il l’a bien mérité.


 
 

Commentaires

  1. Franchement histoire de faire mon coquin , réussir à relier les commentaires de Sego sur la libération de cette brave ingrid , et le contrat jeune , franchement il fallait le faire ! ça frise l’ubuesque il n’y presque rien à répondre ^^


    » Envoyé par Graëve le 08 août 2008

  2. Quand je parlais de mauvaise foi, en voilà un bel exemple. Ségolène Royal nous a habitués à parler pour parler, à préférer les coups de comm’ à la réflexion politique.

    On peut se souvenir du fameux Contrat pour les Jeunes qu’elle avait annoncé pendant la présidentielle, où elle proposait que des jeunes travaillent pour des entreprises en étant totalement payés par l’Etat, ou alors l’idée saugrenue de raccompagner toutes les femmes policiers à leur domicile le soir.

    Qu’elle n’ait rien de mieux à faire que de critiquer Nicolas Sarkozy sur l’une des actions les plus positives qu’il ait eu de son mandat ne m’étonne guère. Sincèrement, je plains les militants socialistes…


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  3. Nous ne sommes pas les seuls à polémiquer… :

    Betancourt: Royal s’explique sur ses propos quant au rôle de Sarkozy

    PARIS (AFP) - Ségolène Royal a affirmé vendredi s’être bornée à “reprendre des faits admis par tous” en déclarant que Nicolas Sarkozy n’était “absolument pour rien” dans la libération d’Ingrid Betancourt, et a dénoncé une “polémique indécente soulevée par la droite”.

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    Dans un communiqué, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle “s’étonne de la polémique indécente soulevée par la droite et des propos très virulents tenus par François Fillon. Le moment n’est pas à la polémique politicienne”.

    “Les propos qu’elle a tenus, en réponse à une question des journalistes, se sont contentés de reprendre des faits admis par tous, et notamment par le secrétaire général de l’Elysée”, Claude Guéant, selon le texte.

    Par ailleurs, ajoute-t-elle, “ses propos ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendues et à la nécessité de n’alimenter aucune polémique”.

    Ségolène Royal “appelle donc le gouvernement à faire preuve d’un peu de décence”.

    L’ex-candidate à l’Elysée a déclaré jeudi à Québec que le président Sarkozy n’était “absolument pour rien” dans cette “opération colombienne rondement menée qui a bien marché”, et qui “prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n’avaient débouché sur rien”.

    Le Premier ministre François Fillon avait rétorqué que Mme Royal avait fait preuve “d’un manque de dignité totale” en critiquant le rôle du chef de l’Etat.

    “Je trouve que c’est un manque de dignité totale” de la part de Mme Royal qui a estimé que M. Sarkozy n’était “absolument pour rien” dans la libération d’Ingrid Betancourt, avait expliqué le chef du gouvernement à un groupe de journalistes au deuxième jour de sa visite officielle au Canada.

    “Elle aurait dû écouter (le premier secrétaire du PS) François Hollande qui s’est comporté plus en homme d Etat”, avait ajouté le Premier ministre. “Elle était comme une petite fille dans une cour de récréation”, a également jugé M. Fillon.

    “Tout le monde le sait, c’est une opération colombienne rondement menée qui a bien marché, qui prouve que les négociations avec les Farc étaient inutiles et n’avaient débouché sur rien”, a estimé Mme Royal en visite à Québec, affirmant qu’”une récupération politique serait décalée”.

    L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a estimé de son côté que les propos de Mme Royal relèvent “de polémiques secondaires dignes de politiciens secondaires” et “d’agitation politique”. Interrogé par la presse lors d’une réception à l’occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec, M. Raffarin a affirmé que Mme Royal “a fait une double faute”.

    “On ne critique pas le président de la République française sur des terres extérieures à la France”, a-t-il soutenu. “Deuxièmement, plutôt que d’assister ce matin à la séance officielle, Mme Royal a préféré faire de la politique (…). Son absence a été remarquée et a déçu les Québécois”, a dit M. Raffarin, ancien président de la région Poitou-Charente que lui a ravi Mme Royal en 2004.

    M. Raffarin, qui était également l’organisateur des festivités du 400e côté français, a estimé que Mme Royal “a dû regretter de ne pas être aujourd’hui en Colombie pour pouvoir faire de l’agitation politique”. “Nous devons honorer cette femme (Ingrid Betancourt) et ne pas chercher des polémiques secondaires dignes de politiciens secondaires”, a-t-il dit.

    L’Elysée a annoncé que Nicolas Sarkozy irait accueillir vendredi après-midi, à son arrivée à Paris l’ex-otage franco-colombienne de la guérilla des Farc libérée mercredi après plus de six ans de captivité. Aussitôt après sa libération, Mme Betancourt avait remercié depuis Bogota le président Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac et son “ami” l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.


    » Envoyé par fabienh le 08 août 2008

  4. On dit souvent qu’il ne faut pas courir plusieurs lièvres à la fois, mais on dit aussi qu’il faut avoir plusieurs fers au feu. Notre cher Président a, il faut bien le reconnaître un style décoiffant tout azimuts avec un nombre toujours croissant de fers au feu.. Alors de temps à autre on a l’impression qu’une action ou une réforme est ratée.. En fait il suffit d’attendre un peu… et le résultat est là! C’est vrai que c’est nouveau en politique où souvent on préfère enterrer. Bravo donc à Sarkozy. Que les jeunes en politique ne se privent donc pas de proposer d’audacieuses améliorations dans la conduite de notre pays, pour le bien de tous et surtout les plus faibles


    » Envoyé par Perrier Pierre le 08 août 2008

  5. Mon commentaire n’a rien d’ubuesque , le lien que je fais à la pêche n’a qu’une seule finalité , relativiser et mettre un brin d’humour.
    Certes il a fait une promesse concernant la libération d’Ingrid Bétencourt , maintenant des mots , un show ne suffisent pas à tenir une promesse.
    Oui il agit , c’est vrai , il a pris position c’est vrai , maintenant la France peut certes cultiver l’image de la promesse tenue , mais si elle ne correspond à aucun acte réel ( des moyens français une aide logistique , l’implication de militaires français) , c’est du vent tout simplement.
    Je comprends cependant que par les temps qui courent un Cocorico fait du bien.
    C’est dur de bien se sentir français et en ces périodes de vaches maigres d’un point de vue patriotique cette libération tombe à point nommé pour un sarkozy dont la côte de popularité n’est pas magnifique , et pour un pays qui ne va pas trés bien.
    Une petite embellie fait toujours du bien au moral même si son fondement est virtuel.


    » Envoyé par Graëve le 08 août 2008

  6. Je vous remercie de vos compliments. Si vous avez lu mes autres articles, vous verrez que je ne me gêne pas pour dire ce que je pense lorsque je trouve son action politique criticable.

    Je me sens donc d’autant plus libre de faire part de ma reconnaissance pour avoir pesé de tout son poids dans cette heureux dénouement.


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  7. Votre article est très bien présenter ,mais malheureusement je n’ai vue aucune personne politique féliciter notre président,et je trouve cela pas très politiquement correct .heureusement qu’il y a des gens comme vous et moi ,pour dire les choses tout simplement.
    je vous dit bravo et un grand merci pour notre Président.


    » Envoyé par valente le 08 août 2008

  8. Sur ce sujet je partage pleinement l’avis de notre ami Vincent. Si les interventions du Président de la République n’avaient eu aucune incidence sur le sauvetage d’Ingrid Betancourt (et des autres que nous ne devons pas oublier) pourquoi n’ont-ils pas été libérés plus tôt? 6 ans, c’est long…
    Nicolas Sarkozy à promis que madame Betancourt serait libérée, c’est fait. Nous ne saurons jamais le rôle exact joué par le PR et la diplomatie française mais ne pas le savoir ne signifie pas que ces personnes n’ont pas travaillé avec le président Uribe et l’armée colombienne. Pour la famille de madame Betancourt, ce qui compte maintenant c’est de retrouver cette femme engagée qui a subi 6 ans de captivité.
    On pourrait continuer à ce demander ce qu’elle est allée faire là-bas en laissant homme et enfants mais à quoi bon?
    Qu’Ingrid Betancourt reconstruise sa vie sans jamais plus oublier que des gens l’aiment et qu’en se mettant en danger ce sont eux qui souffrent…


    » Envoyé par Jean-François SOYEZ le 08 août 2008

  9. Réussir à relier dans un seul commentaire la libération d’Ingrid Bétancourt et le thon rouge - pour prôner l’arrêt total de toute pêche, il fallait le faire! Cela frise l’ubuesque, il n’y a presque rien à répondre.

    Quant au commentaire de Fabien, je sais bien que tu n’es pas de mauvaise foi. Là où je tire mon chapeau à Sarko, c’est d’avoir réussi à bouleverser la donne politique, donne qui a rendu souhaitable la libération d’Ingrid Bétancourt.

    Ce qui, tu en conviens même dans ton commentaire (”son enlèvement n’a que moyennement préoccupé l’opinion publique colombienne au départ”), n’était pas forcément gagné d’avance.

    De ce que je peux entendre autour de moi - hors milieu politique parisien - c’est que c’est grâce à son action qu’elle a été libérée, même s’il n’est pas allé lui même dans la jungle pour aller la chercher.

    Et je pense vraiment que c’est mérité.


    » Envoyé par Vincent Perrier-Trudov le 08 août 2008

  10. C’est vrai que mes articles sont un peu crus et honteux. Aprés faut savoir prendre certaines choses au second degré ou pas. La vérité c’est que Ingrid Bétancourt , j’en ai RIEN a foutre, et je vois pas pourquoi ça m’intéresserait.
    On est pas tous sérieux et y’a pas forcement d’avantage a l’être. Le miel n’est pas le miel sans le vinaigre , fallait bien quelqu’un pour dire ce qu’il pense au lieu d’être condescendant.

    Apres , respect pour ceux qui s’y interessent , a la famille et bravo pour la libération. Il était temps.


    » Envoyé par Jer-M- le 08 août 2008

  11. Aucune mauvaise foi de ma part, et je me permets d’argumenter : je pense que Nicolas Sarkozy n’est pour pas grand chose dans la libération d’Ingrid Bétencourt.

    Je pense même que cette libération par la force est une mauvaise nouvelle pour le Président de la République : quoiqu’on en dise, ce n’est pas lui qui a libéré Ingrid Bétancourt, mais Uribe. Les discussions et les compromissions avec Chavèz ont été stériles et le convoi humanitaire rentré bredouille il y a quelques mois ridicule…

    Pour ce qui est de la médiatisation de la détention d’Ingrid Bétancourt, la diplomatie française l’a amplifié mais il s’agissait déjà d’un enjeu majeur en Colombie depuis 2 ou 3 ans (alors qu’à son enlèvement, Ingrid Bétancourt était créditée d’entre 1 et 2% aux élections présidentielles et son enlèvement n’a que moyennement préoccupé l’opinion publioque colombiennen au départ).

    Enfin, je pense que le déclenchement de l’opération libératrice est plus le fait de la situation politique difficile d’Uribe (son élection de 2006 est contestée et il organise un péblicite sous forme de référendum dans quelques mois) que des agissements de Nicolas Sarkozy.

    Entre le désaveu du chef d’Etat Major des Armées, puis celui du Président de France Télévision, Uribe qui délivre Ingrid Bétancourt… quelle sale semaine pour Nicolas Sarkozy !!! Gageons que l’été sera plus paisible…


    » Envoyé par fabienh le 08 août 2008

  12. Quel éloge dithyrambique!
    Je serai nettement plus réservé , c’est plutôt un demi succès pour la diplomatie française et pour le président Sarkozy.
    Mais c’est un magnifique succès pour la Colombie et en particulier pour le Président Uribe.

    En effet : toutes les médiations , missions menées pour obtenir la libération de Madame Bétencourt on été un echec.
    Cependant Monsieur Sarkozy en rencontrant activement les leaders du Gouvernement Venézuélien comme en martelant son soutien actif à la famille Bétencourt , et en infléchissant la ligne dure du Gouvernement Colombien a certes des mérites qui lui sont indéniables .
    De là à exagérer il n’y a qu’un pas.

    Mais celui a qui il faut tirer un trés grand chapeau et ceux plus particulièrement , c’est bien le président Uribe et l’armée colombienne qui sans verser une seule goutte de sang ont réussi une libération audacieuse , dont la France n’a eu en fin de compte que le résultat.

    Si Monsieur Sarkozy , veut vraiment s’assurer les fleurs de l’opinion publique et de ses partenaires , qu’il opte pour un discours courageux pour obtenir une politique de reconversion pour les pêcheurs d’europe.
    Voire tout simplement qu’il déploie d’intenses efforts pour obtenir un traité pour obtenir une cessation de la pêche quasi unilatérale .
    La pérénité de gastronomies séculaires est engagée à court terme : Que deviendront ces gastronomies émérites sans leurs spécialités maritimes?
    Quelles crises d’envergure populaire auront à subir les gouvernements japonais , si les sashimis au thon disparaissent de la circulation?

    Voila des questions d’actualité sur lesquelles notre superprésident pourrait influer avec éclat !


    » Envoyé par Graëve le 08 août 2008


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