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Vincent Perrier-Trudov Conseiller municipal délégué aux nouvelles techonologies et affaires juridiques de la ville de La Madeleine (Nord), Président des Jeunes Centristes du Nord / Pas de Calais,...

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Articles du 25 juin 2008

L’incendie du CRA de Vincennes, le triste symptôme d’un scandale français

L’actualité et l’agenda politique du Gouvernement se télescopent parfois dans de tristes coïncidences. L’incendie du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes ce dimanche s’est produit à peine 3 jours avant la présentation du plan de Rachida Dati pour faire baisser la surpopulation carcérale.

Alors bien sûr, certains pourront dire qu’un CRA, ce n’est pas une prison. Que la rétention est une mesure administrative, alors que la détention est une mesure judiciaire. Que les CRA relèvent du Ministère de l’Immigration et que les établissements pénitentiaires dépendent du Ministère de la Justice.

Il n’empêche. En France, lorsque l’on prive quelqu’un de sa liberté, pour quelque raison que ce soit, on le place trop souvent dans des conditions matérielles indignes. La surpopulation de ce que l’on nomme pudiquement les “lieux privatifs de liberté” constitue le principal point noir sur notre réputation du “Pays des Droits de l’Homme”.

Les rapports s’enchaînent, les condamnations de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pleuvent, rien n’y fait. Plus de 63.000 détenus dans les prisons françaises, contre à peine 50.000 places, les chiffres sont accablants, révoltants. Pourtant, tout le monde le sait, la promiscuité, les détenus entassés en surnombre dans des cellules hors d’âge, favorisent dramatiquement toutes les dérives de la violence.

Alors que faire? Personne n’en parle, personne n’ose le dire: il faut construire des prisons. Il faut en construire vite et en nombre suffisant, c’est une question humanitaire.

Souvent assimilée à une politique dite “sécuritaire”, cette nécessité est primordiale à plus d’un titre. Outre les conditions de détention des condamnés actuels, il faut se rendre compte que dans bien des cas, les magistrats font preuve de mansuétude dans leur application de la loi, car ils savent ce que le prévenu risque de subir une fois dans cet enfer.

Un juge, sous couvert de l’anonymat, déclarait récemment: “Un jeune de 18 ans, condamné 10 fois pour vol de mobylette, dois-je pour autant l’envoyer en prison en sachant que dès qu’il arrivera, il se fera violer?”. Les juges ne sont pas des être humains insensibles, appliquant la loi de façon froide et arbitraire.

Comment ne pas comprendre leurs réticences à prononcer des peines assorties de détention? Comment ne pas comprendre leurs réticences face aux peines plancher?

Le vrai problème en France, c’est que l’on vote des lois, sans en mesurer à l’avance les conséquences, ni se donner réellement les moyens de les appliquer.

Cela est vrai pour la Justice, mais également pour l’Immigration. Un certain nombre de CRA sont eux aussi surpeuplés. Que l’on veuille lutter contre l’immigration clandestine, soit - même si pour moi, le débat sur les moyens mis en oeuvre, et les cibles désignées n’est pas fermé.

Cela étant, pour tous les sans-papiers enfermés dans les CRA, leur seul crime est souvent d’avoir tout tenté pour essayer de partager notre rêve de liberté et de richesse économique. La moindre des choses serait de les traiter dignement.

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