Portrait

Vincent Perrier-Trudov Conseiller municipal délégué aux nouvelles techonologies et affaires juridiques de la ville de La Madeleine (Nord), Président des Jeunes Centristes du Nord / Pas de Calais,...

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Stop à la désinformation sur les pêcheurs!

Parmi les nombreuses fausses bonnes idées qui peuvent germer dans la tête de certains conseillers, les absurdités inventées pour calmer la grogne des pêcheurs figurent en très bonne place.

Premièrement, il y a une certitude: le baril est à 140$ aujourd’hui, il sera bientôt à 200$ et sans aucun doute à 300$ dans quelques années.

Il est donc illusoire et mensonger de dire que l’on va sauver les pêcheurs français en subventionnant leur consommation de gazole! Et monter au créneau vis-à-vis de la Commission européenne sur ce sujet est irresponsable alors que l’on est sensé lutter contre le réchauffement climatique, et que les caisses de l’Etat sont vides.

Le vrai problème des pêcheurs est beaucoup plus compliqué, technique - et donc non-médiatique. C’est le principe des “enchères inversées”. Un pêcheur, lorsqu’il vend son poisson à la criée, est à côté de ses collègues et en face d’un négociant.

Le négociant donne un prix au kilo pour tel type de poisson, en demandant “Qui dit moins?”. Et c’est le pêcheur qui accepte de vendre son poisson le moins cher qui remporte la vente.

Ce qu’il faut savoir, c’est que les pêcheurs ont avancé beaucoup d’argent pour ramener ces poissons. Ils ont de grosses charges fixes, qu’ils doivent payer quoiqu’il arrive (salaires, emprunt du bateau,…), et ont payé leur gazole avant de prendre la mer.

Inutile de dire qu’un pêcheur ne peut pas se retrouver avec son poisson sur les bras. Je vous laisse donc imaginer les ravages d’une telle méthode de vente. Les marins sont acculés à vendre avec des marges ridicules s’ils veulent seulement survivre.

Dès lors, l’augmentation du prix du gazole, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Comme par hasard, les enchères inversées sont également utilisées par les centrales d’achat de la grande distribution, vis-à-vis des PME, et notamment dans le secteur de l’agro-alimentaire. Même cause, mêmes effets. Quand on voit la colère des producteurs de lait, de fruits et légumes, etc, il s’agit exactement du même problème.

Que trouve le Gouvernement à redire à cela? Protester contre la fermeture de la pêche au thon rouge! Cette espèce, dont les stocks sont dramatiquement bas, devrait donc servir de porte de sortie parce qu’on est incapable de s’attaquer aux causes réelles du problème des pêcheurs?

Il faut interdire les enchères inversées dans les négociations commerciales entre sociétés ou indépendants en-dessous d’un certain chiffre d’affaires. Et il faut trouver un mécanisme pour que les pêcheurs, comme le font les compagnies aériennes, puissent faire payer une surtaxe “prix du gazole” à ceux qui achètent leur poisson, et ce dans toute l’Union Européenne.

Il faut également mettre de l’argent dans la recherche sur l’élevage des thons rouges. Aujourd’hui, ce qui existe, ce sont des fermes d’engraissement. On les capture petits, on les nourrit, et on les vend. L’impact sur les stocks sauvages est tout aussi important que celui de la pêche, voire pire, car on ne laisse même pas les jeunes hors des filets. Il faut que l’on puisse un jour, comme pour le saumon, maitriser l’élevage à partir des oeufs.

Quant aux thoniers japonais - ou ceux qui pêchent pour leur compte - qui viennent massacrer les stocks de thon rouge dans nos eaux territoriales, il va bien falloir se décider un jour à les sanctionner de la même manière que l’on sanctionne les pétroliers qui dégazent en pleine mer. On ne peut pas imposer des règles draconniennes à nos marins, et regarder sans rien dire des bateaux battants pavillons de complaisance réduire à néant nos efforts de conservation de la faune marine.


 
 

Commentaires

  1. «Premièrement, il y a une certitude: le baril est à 140$ aujourd’hui, il sera bientôt à 200$ et sans aucun doute à 300$ dans quelques années.»

    Et c'était il y a seulement six mois!

    La seule cause de la mort lente de la pêche c'est que la mer et ses poissons n'appartiennent à personne. Tout le monde vient se servir, le plus possible le plus vite possible avant que le voisin n'en fasse autant et pis.

    Imaginez l'agriculture si les récoltes appartenaient au premier venu.


    » Envoyé par pi31416 le 19 janvier 2009

  2. entièrement en accord si ce n’est que , comme les stocks sont dramatiquement bas, il est tout simplement nécessaire de dire à nos pêcheur que leur profession n’a aujourd’hui pas de longévité.
    La crise qu’ils traversent m’évoque celle qu’a pu connaitre les charbonniers et autres mineurs.
    Hors aujourd’hui par exemple en Angleterre certains bassins sont ré-ouverts afin de faire face à la flambée des prix du pétrole et donc de ses dérivés.
    Il faut un certain courage politique pour amener nos pêcheurs à se reconvertir et pour mettre le haro sur la pêche intensive au niveau mondial.
    Sinon à terme nous aurons rarement du poisson , ce qui est déjà le cas et surtout avec la disparition de certaines espèces nous risquons de nous retrouver avec de gros problèmes écologique.
    Stop à la démagogie . place à l’action et la raison.
    Merci gouvernements chéris.


    » Envoyé par Graëve le 08 août 2008


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