Portrait

Vincent Perrier-Trudov Conseiller municipal délégué aux nouvelles techonologies et affaires juridiques de la ville de La Madeleine (Nord), Président des Jeunes Centristes du Nord / Pas de Calais,...

» En savoir plus...


Juin 2008

  • L
  • M
  • M
  • J
  • V
  • S
  • D
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 1
  • 23
  • 24
  • 25
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
  • 30
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« mai

juillet »


Videowall

Archives de juin 2008

L’incendie du CRA de Vincennes, le triste symptôme d’un scandale français

L’actualité et l’agenda politique du Gouvernement se télescopent parfois dans de tristes coïncidences. L’incendie du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes ce dimanche s’est produit à peine 3 jours avant la présentation du plan de Rachida Dati pour faire baisser la surpopulation carcérale.

Alors bien sûr, certains pourront dire qu’un CRA, ce n’est pas une prison. Que la rétention est une mesure administrative, alors que la détention est une mesure judiciaire. Que les CRA relèvent du Ministère de l’Immigration et que les établissements pénitentiaires dépendent du Ministère de la Justice.

Il n’empêche. En France, lorsque l’on prive quelqu’un de sa liberté, pour quelque raison que ce soit, on le place trop souvent dans des conditions matérielles indignes. La surpopulation de ce que l’on nomme pudiquement les “lieux privatifs de liberté” constitue le principal point noir sur notre réputation du “Pays des Droits de l’Homme”.

Les rapports s’enchaînent, les condamnations de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pleuvent, rien n’y fait. Plus de 63.000 détenus dans les prisons françaises, contre à peine 50.000 places, les chiffres sont accablants, révoltants. Pourtant, tout le monde le sait, la promiscuité, les détenus entassés en surnombre dans des cellules hors d’âge, favorisent dramatiquement toutes les dérives de la violence.

Alors que faire? Personne n’en parle, personne n’ose le dire: il faut construire des prisons. Il faut en construire vite et en nombre suffisant, c’est une question humanitaire.

Souvent assimilée à une politique dite “sécuritaire”, cette nécessité est primordiale à plus d’un titre. Outre les conditions de détention des condamnés actuels, il faut se rendre compte que dans bien des cas, les magistrats font preuve de mansuétude dans leur application de la loi, car ils savent ce que le prévenu risque de subir une fois dans cet enfer.

Un juge, sous couvert de l’anonymat, déclarait récemment: “Un jeune de 18 ans, condamné 10 fois pour vol de mobylette, dois-je pour autant l’envoyer en prison en sachant que dès qu’il arrivera, il se fera violer?”. Les juges ne sont pas des être humains insensibles, appliquant la loi de façon froide et arbitraire.

Comment ne pas comprendre leurs réticences à prononcer des peines assorties de détention? Comment ne pas comprendre leurs réticences face aux peines plancher?

Le vrai problème en France, c’est que l’on vote des lois, sans en mesurer à l’avance les conséquences, ni se donner réellement les moyens de les appliquer.

Cela est vrai pour la Justice, mais également pour l’Immigration. Un certain nombre de CRA sont eux aussi surpeuplés. Que l’on veuille lutter contre l’immigration clandestine, soit - même si pour moi, le débat sur les moyens mis en oeuvre, et les cibles désignées n’est pas fermé.

Cela étant, pour tous les sans-papiers enfermés dans les CRA, leur seul crime est souvent d’avoir tout tenté pour essayer de partager notre rêve de liberté et de richesse économique. La moindre des choses serait de les traiter dignement.

Commentaires (1)


 

La “réintégration” dans l’OTAN, le faux débat

Il est curieux de voir, une fois de plus, avec quel enthousiasme on se précipite dans une querelle franco-française aussi enflammée que décalée par rapport aux faits. La “réintégration” dans l’OTAN, qu’il faut bien se résoudre à mettre entre guillemets, a réellement eu lieu il y a plus d’une dizaine d’années, sous la Présidence Chirac.

Les armées françaises étaient dans toutes les instances de l’OTAN, participaient - comme leurs homologues européennes - aux opérations auxquelles le Gouvernement français souhaitait s’associer, et personne ou si peu ne semblait s’en émouvoir.

Et c’est seulement aujourd’hui que l’on monte au créneau, afin de défendre la belle “indépendance française”. Sur la base de quoi?

Tout simplement parce que le Gouvernement a décidé de mettre fin à cette hypocrisie - et cette absurdité - qui consiste à être l’un des plus gros contributeurs aux interventions de l’OTAN, sans participer au commandement.

Je voudrais que l’on m’explique quelle part “d’indépendance” l’on perd, lorsque l’on passe d’une situation où ne participe pas aux décisions, à une situation où l’on a son mot à dire.

La vérité, c’est que le seul outil opérationnel de défense européen, à l’heure actuelle, c’est l’OTAN. Alors bien sûr, les américains y occupent une place de choix, mais tout de même.

Plaçons nous un moment du côté de la Pologne ou de la Slovaquie par exemple, il y a quelques années de cela. Ces pays venaient de sortir de 40 années de diktat soviétique, avec le joug du Pacte de Varsovie sur leurs épaules. Seuls face à leur ex-grand frère russe, que pouvaient-ils? Pas grand chose. Ils étaient donc bien obligés d’intégrer une alliance qui pouvait garantir leur sécurité.

Ils avaient le choix entre deux solutions, l’Europe de la Défense et l’OTAN. D’un côté - excusez du peu - l’Eurocorps et deux-trois autres structures de coopération militaire interétatiques. Quelques milliers d’hommes, de-ci, de-là, qui apprenaient à travailler ensemble. Mais surtout, avant d’intégrer cette Europe de la Défense, on leur demandait d’attendre d’intégrer l’Union Européenne, avec toutes les contraintes économiques, juridiques et autres critères de convergence nécessaires.

Et de l’autre, il y avait l’OTAN. Avec au sein de cette alliance les Etats-Unis, des décennies de manoeuvres communes, des codes militaires communs partagés mêmes par la France, et y compris sous le Général de Gaulle. Il n’y avait pas photo. Et il n’y a toujours pas de doute.

Il est complètement illusoire d’espérer bâtir une Europe de la Défense contre l’OTAN. Ce serait tout d’abord se tromper de cible. Les pays membres sont nos alliés historiques, et les membres les plus récents sont souvent membres de l’Union Européenne - ou aspirent à le devenir.

De plus, le principe de réalité est en train de rattraper les américains à vitesse grand V. Leurs deux engagements en Irak et en Afghanistan fixent littéralement l’essentiel de leurs capacités de projection (= d’intervention militaire extérieure). Ils seraient parfaitement incapables d’assurer un troisième front, comme ils sont aujourd’hui incapables de gagner les deux qu’ils ont déjà ouverts. Sans compter le coût démentiel que ces deux guerres représentent pour leurs finances publiques.

Les américains se rendent compte aujourd’hui qu’ils ont besoin d’une Europe de la Défense. Et ce n’est pas pour faire plaisir à notre Président qu’ils en sont venus à cette conclusion.

Construire l’Europe de la Défense comme l’un des piliers de l’OTAN offre beaucoup d’avantages qui sont passés sous silence dans ce débat. Le plus important est sans aucun doute la fin des bâtons dans les roues que nous mettaient amicalement nos alliés d’outre-atlantique. Cela tombe sous le sens, mais cela va mieux en le disant.

Ensuite, la réduction inéluctable des effectifs militaires américains présents sur le sol européen laissera mécaniquement plus de places aux forces armées européennes. Celles-ci n’en auront que plus l’occasion d’affermir leurs méthodes de coopération militaire et d’opérations communes.

Le point central - comme c’est étrange - sera paradoxalement hors OTAN, à savoir la construction politique de l’Europe. Car ce ne sont pas les outils militaires qui décideront d’une position européenne commune sur tel ou tel conflit international, c’est l’Union Européenne en tant qu’institution de décision commune en politique étrangère qui le pourra.

Et si un jour, comme je l’espère, les européens prennent enfin ces décisions d’une seule voix, alors le pilier européen au sein de l’OTAN sera l’instrument idéal d’une Europe de la Défense, dont les américains ne pourront ni contester la légitimité, ni empêcher l’utilisation. Car à ce moment là, ils ne seront plus en mesure de dicter les choix de l’OTAN comme ils l’ont fait jusqu’à présent.

Commentaires (1)


 

Stop à la désinformation sur les pêcheurs!

Parmi les nombreuses fausses bonnes idées qui peuvent germer dans la tête de certains conseillers, les absurdités inventées pour calmer la grogne des pêcheurs figurent en très bonne place.

Premièrement, il y a une certitude: le baril est à 140$ aujourd’hui, il sera bientôt à 200$ et sans aucun doute à 300$ dans quelques années.

Il est donc illusoire et mensonger de dire que l’on va sauver les pêcheurs français en subventionnant leur consommation de gazole! Et monter au créneau vis-à-vis de la Commission européenne sur ce sujet est irresponsable alors que l’on est sensé lutter contre le réchauffement climatique, et que les caisses de l’Etat sont vides.

Le vrai problème des pêcheurs est beaucoup plus compliqué, technique - et donc non-médiatique. C’est le principe des “enchères inversées”. Un pêcheur, lorsqu’il vend son poisson à la criée, est à côté de ses collègues et en face d’un négociant.

Le négociant donne un prix au kilo pour tel type de poisson, en demandant “Qui dit moins?”. Et c’est le pêcheur qui accepte de vendre son poisson le moins cher qui remporte la vente.

Ce qu’il faut savoir, c’est que les pêcheurs ont avancé beaucoup d’argent pour ramener ces poissons. Ils ont de grosses charges fixes, qu’ils doivent payer quoiqu’il arrive (salaires, emprunt du bateau,…), et ont payé leur gazole avant de prendre la mer.

Inutile de dire qu’un pêcheur ne peut pas se retrouver avec son poisson sur les bras. Je vous laisse donc imaginer les ravages d’une telle méthode de vente. Les marins sont acculés à vendre avec des marges ridicules s’ils veulent seulement survivre.

Dès lors, l’augmentation du prix du gazole, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Comme par hasard, les enchères inversées sont également utilisées par les centrales d’achat de la grande distribution, vis-à-vis des PME, et notamment dans le secteur de l’agro-alimentaire. Même cause, mêmes effets. Quand on voit la colère des producteurs de lait, de fruits et légumes, etc, il s’agit exactement du même problème.

Que trouve le Gouvernement à redire à cela? Protester contre la fermeture de la pêche au thon rouge! Cette espèce, dont les stocks sont dramatiquement bas, devrait donc servir de porte de sortie parce qu’on est incapable de s’attaquer aux causes réelles du problème des pêcheurs?

Il faut interdire les enchères inversées dans les négociations commerciales entre sociétés ou indépendants en-dessous d’un certain chiffre d’affaires. Et il faut trouver un mécanisme pour que les pêcheurs, comme le font les compagnies aériennes, puissent faire payer une surtaxe “prix du gazole” à ceux qui achètent leur poisson, et ce dans toute l’Union Européenne.

Il faut également mettre de l’argent dans la recherche sur l’élevage des thons rouges. Aujourd’hui, ce qui existe, ce sont des fermes d’engraissement. On les capture petits, on les nourrit, et on les vend. L’impact sur les stocks sauvages est tout aussi important que celui de la pêche, voire pire, car on ne laisse même pas les jeunes hors des filets. Il faut que l’on puisse un jour, comme pour le saumon, maitriser l’élevage à partir des oeufs.

Quant aux thoniers japonais - ou ceux qui pêchent pour leur compte - qui viennent massacrer les stocks de thon rouge dans nos eaux territoriales, il va bien falloir se décider un jour à les sanctionner de la même manière que l’on sanctionne les pétroliers qui dégazent en pleine mer. On ne peut pas imposer des règles draconniennes à nos marins, et regarder sans rien dire des bateaux battants pavillons de complaisance réduire à néant nos efforts de conservation de la faune marine.

Commentaires (2)


 

Haro sur les hypocrisies françaises!

Hier soir, Jean-Christophe Lagarde était à Lille pour présenter son livre, Les Hypocrisies Françaises. http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/16629

Au milieu d’une assistance nombreuse, mais pas forcément acquise d’avance, il a pu y défendre ses thèses, en taillant dans le vif de nos bonnes consciences, avec le bagout qu’on lui connaît, et quelques réparties bien saillantes.

Au-delà du débat, ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est que ce n’est pas seulement la vision d’un député, mais c’est un point de départ. Une invitation à réfléchir, pour voir si vraiment, on ne peut pas faire autrement, si vraiment, on peut dire la vérité, proposer des solutions qui tiennent la route, et malgré tout gagner des élections.

Il n’y avait pas que le fan-club du Nouveau Centre hier soir, et probablement parmi les gens qui assistaient à cette présentation, beaucoup n’ont pas forcément envie d’adhérer à un parti politique quel qu’il soit - fût-il celui de JC Lagarde.

Je lance donc l’idée suivante - on verra bien où elle retombera: celle d’un club de réflexion, composé de citoyens de tous bords, qui se reconnaissent dans ce diagnostic qui transcende les clivages, et qui aimeraient apporter leur pierre civique aux solutions de demain.

Est-ce une utopie? Est-ce vraiment utile? Au moins cela vaut-il le coup d’être essayé…

Commentaires (3)


 

Quelle Europe après le “non” irlandais?

Il ne faut pas se voiler la face: le “non” l’a emporté en Irlande, comme il l’aurait emporté en France, ou probablement ailleurs. Et le recours généralisé aux ratifications parlementaires - de même que les demandes répétées des partisans du “non” pour des consultations populaires - étaient tous fondés sur cette certitude.

L’échec du Traité de Lisbonne marque sans aucun doute l’échec d’une certaine forme de l’Union Européenne. Une Europe incompréhensible pour la population, ressentie comme éloignée des préoccupations des citoyens, froide et technocratique. On pourra toujours expliquer qu’une bonne partie de l’argumentaire des “nonistes” est constituée de contre-vérités et de fausses évidences.

Mais il faut admettre que l’Europe prête particulièrement bien le flanc à ces critiques.

Alors que faire pour en sortir? Tout le monde s’accorde à dire que le Traité de Nice est insatisfaisant. Et pourtant, ce “non” nous y replonge. Il va falloir qu’on en sorte.

On ne peut pas rester dans une situation où l’unanimité pousse à l’immobilisme, et l’immobilisme à la division. Tant que les Etats européens resteront dans une logique intergouvernementale, tant que l’Union Européenne restera l’otage de ses petites rivalités internes, nous resterons faibles face aux marchés financiers et aux grands ensembles mondiaux tels que les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’OPEP,…

Deux solutions sont envisageables, avec chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

La première consiste à poursuivre le processus de ratification, et de faire pression sur l’Irlande. Cela permettrait de mettre en oeuvre plus rapidement les nouveaux pouvoirs accordés au Parlement Européen et d’améliorer la représentation démocratique de l’Europe.

Mais cela ne ferait - à juste titre - que renforcer la perception d’une Union Européenne qui se moque du choix des citoyens, produit d’une élite qui pense à la place des gens.

La seconde solution serait beaucoup plus ambitieuse, mais beaucoup plus longue à mettre en place également. Il faudrait que le prochain Parlement Européen, élu l’année prochaine, soit missionné sur la question des Institutions. Que ce soit ce Parlement, et lui seul, qui établisse les règles institutionnelles de l’Union Européenne ; et qu’une fois le texte institutionnel établi, celui-ci fasse l’objet d’une et d’une seule ratification, le même jour, dans toute l’Europe, sur la base d’un référendum européen.

Au-delà du parcours du combattant que représenterait la refonte des Institutions européennes sur cette base, il faut avoir à l’esprit que le plus grand obstacle ne sera pas forcément celui que l’on croit. Les vrais opposants à cette méthode ne seront pas tel ou tel groupe politique, mais les Gouvernements des pays de l’Union, qui ne lâcheront pas si facilement le pouvoir qu’ils possèdent aujourd’hui.

Le vrai pouvoir, au sein de l’Union Européenne, ne se trouve pas parmi les quelques 40.000 fonctionnaires européens (à peine plus que la Mairie de Paris!). Il se trouve au sein des Gouvernements et des administrations nationales. Ce sont eux qui font la loi, au sens propre comme au sens figuré. Quand il y a un texte difficile à faire passer, ils le font passer par Bruxelles, pour éviter d’en subir les conséquences politiques.

En revanche, si telle ou telle action européenne fait bonne figure, ils s’empressent d’en revêtir la paternité. Tous les gouvernements, de droite comme de gauche, se sont allègrement servi de cette pratique. Et c’est pour cela qu’ils sont si mal à l’aise quand il s’agit de défendre l’idée et le projet européen. L’Europe est pour eux un autre moyen d’accaparer le pouvoir législatif.

Il faut que l’échec de la ratification du Traité de Lisbonne, qui permettait, malgré ses défauts, de faire un pas de plus dans la direction d’une Europe démocratique, ne soit pas le signal d’un repli sur soi des pays européens, repli qui serait fatal à notre modèle social européen.

Il faut au contraire que cet échec soit le signal d’une remise à plat complète des méthodes de fonctionnement de l’Union Européenne. Que l’on mette tout sur la table. Que l’on s’accorde enfin sur ce qui doit relever de l’Europe, et ce qui doit rester du domaine national. Que l’on sorte d’une assemblée unique, obligée de ménager la chèvre et le chou par de savants calculs, entre représentation de la population et représentation des Etats, au travers d’une Assemblée Européenne à Bruxelles et un Sénat Européen à Strasbourg.

Et surtout, que l’Europe cesse d’être ce bouc émissaire rêvé, qui laisse dire sur son dos les pires mensonges, sans répliquer ni même se défendre. Les nonistes ont gagné avant tout la bataille de la communication car ceux d’en face étaient incapables de défendre correctement leur projet.

Il faut en tout cas que les Chefs d’Etat européens se décident à faire confiance à cette assemblée élue au suffrage universel direct. Ce serait peut-être le meilleur signal à donner aux citoyens européens. Les élections européennes de l’année prochaine prendraient alors une toute autre ampleur.

Commentaires (0)


 

Europe: la transparence à portée de clic

A tous ceux qui râlent contre l’Europe, qui répètent sans réfléchir des idées préconçues du type “A Bruxelles, tout se décide en catimini”, voici un lien pour remettre les choses à leur place:

http://www.europarl.europa.eu/oeil/index.jsp?language=fr

La transparence à portée de clic: tout est accessible, téléchargeable librement et sans restriction, avec l’état d’avancement dans la procédure, la possibilité de s’inscrire à un dispositif de veille,…

La désinformation sur l’Europe, à la veille du référendum en Irlande, bat son plein.

Les nonistes irlandais, jouent, comme naguère leurs homologues français, sur un savant cocktail mêlant les mensonges, la peur, et le coup de pommade qui dit “et en plus, si vous dites non, ce n’est même pas grave, il y a un plan B”.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080611/twl-irlande-ue-referendum-prev-c99dde2.html

Le plus triste est que nos élites politiques ne se battent même plus pour dénoncer ces contre-vérités. Il est grand temps que vienne la relève…

Commentaires (1)


 

Pluralisme et exigence démocratique, travaux pratiques à Sciences-Po Paris

Ce matin avait lieu à Sciences-Po Paris un colloque sur la réforme des institutions, organisé par l’UMP Grandes Ecoles et parainné notamment par la Conférence Olivaint, association bien connue du microcosme politique parisien.

Créée en 1875, cette association de débat politique, dont j’ai fait partie lorsque j’étais étudiant rue Saint-Guillaume, a toujours fait preuve de neutralité politique dans les débats. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que dans le cadre de ce colloque, les Jeunes Pop’, les MJS et les Jeunes Modem étaient représentés, mais pas les Jeunes Centristes…

Suite à divers contacts téléphoniques afin d’en comprendre les raisons, et malgré la réaffirmation du principe de pluralisme par le Président de la Conférence Olivaint, Antoine Souchaud, je ne vis aucune volonté chez les organisateurs de corriger cette erreur. Je me résolus donc à agir.

Ce matin, juste après la présentation du colloque par Richard Descoings devant un amphithéâtre plutôt clairsemé, je me suis levé et j’ai pris la parole à la tribune, sous l’oeil amusé et intéressé du Directeur de l’établissement. Après avoir relevé l’oubli des Jeunes Centristes dans la composition des tables rondes, j’ai proposé d’y remédier par le rajout d’une chaise lors des discussions, chaise que j’ai occupée afin de représenter mon parti et sa sensibilité politique.

Je passerai sur les grincements de dents des Jeunes Démocrates et les tentatives des organisateurs, sous des prétextes divers, de me faire aimablement quitter l’estrade.

Ce que je retiens de cette matinée, c’est que le pluralisme est une exigence qui va bien au-delà des mots. Ce n’est pas, chers alliés de l’UMP, un mot à géométrie variable, dont on se sert quand on a besoin de montrer qu’on est capable de faire preuve d’ouverture. Ce n’est pas non plus, chers adversaires de gauche (Modem et PS), un mot dont on se sert quand on manque de députés, ou d’exposition sur les grandes chaînes de télévision hertziennes.

Le pluralisme est un combat, une exigence démocratique de tous les jours, qui oblige à accepter dans un débat, soit des alliés dont la liberté de parole peut gêner aux entournures, soit des adversaires dont on aimerait qu’ils n’existent pas.

Que cela vous plaise ou non, le Nouveau Centre existe, et représente le courant historique qui s’est un temps incarné dans l’UDF, et qui est appelé à renaître avec nous. Je serai toujours là pour défendre ces valeurs dans le respect de nos alliés et de nos adversaires, quels qu’ils soient.

Nos joutes verbales pourront être parfois rudes, enflammées ; il se peut même que, emportés par notre intime conviction, nos esprits s’échauffent et s’entrechoquent. Mais quelle que soit la dureté des débats, quand toutes les sensibilités politiques s’expriment, c’est la Démocratie qui gagne.

Commentaires (0)


 

L’échec européen des élites françaises

Tout le monde s’accorde à dire que le fonctionnement de l’Union Européenne est obscur pour les citoyens. Ils ont l’impression de n’avoir aucune prise sur les instances européennes, notamment parce qu’ils ont beaucoup de mal à distinguer qui décide réellement, qui mène la barque de l’Europe.

Or, pour un citoyen qui souhaite influer sur les choix politiques qui le concernent, comprendre qui décide quoi est absolument essentiel. Le “brouillard décisionnel” est l’un des pires ennemis de la démocratie, et il a probablement été l’un des éléments déterminants dans le “Non” au référendum de 2005.

Les juristes, les spécialistes de l’Union Européenne les connaissent pourtant bien, mais les médias traditionnels se désintéressent de cette question, par ignorance, par paresse ou par incompétence.

L’Europe est intergouvernementale et tout découle de là. La Commission Européenne ne décide par elle-même que sur une partie très réduite des normes européennes.

Ceux qui font les “lois” européennes (directives et réglements), ce sont les Gouvernements, les Premiers Ministres, les Ministres, et dans notre cas hexagonal, le Président de la République. Et ils les préparent avec tout l’arsenal de leurs administrations nationales.

Ces administrations nationales se rencontrent dans le cadre de “Comités Techniques” qui se réunissent, débattent, reçoivent les représentants (ou lobbies) des entreprises, des salariés, des ONG et autres associations concernées par les différents thèmes sur lesquels ils travaillent.

Ces groupes de travail façonnent les textes durant des mois, entendant tous ceux qui souhaitent l’être et ayant une légitimité par rapport au sujet traité. Les fonctionnaires européens qui y participent, lorsqu’ils recoivent ces représentants, les recoivent toujours à plusieurs, pour avoir des témoins de la teneur des échanges.

La liste des ces Comités est publiée, le programme de leur travaux également. Ceux qui veulent savoir et savent où chercher l’information n’ont aucune difficulté pour se renseigner.

Et c’est là où l’analyse du comportement des décisionnaires français devient particulièrement scandaleuse:

Les administrations nationales connaissent le contenu et participent à l’élaboration des textes ; les Ministres - s’ils le veulent - peuvent avoir tous les détails qu’ils souhaitent ; la société civile,les ONG, tous pourraient participer à toutes les discussions en cours, mais la plupart ne le font pas.

L’Assemblée Nationale, qui est la première à se plaindre que 70% des lois votées en France sont issues de Bruxelles, n’a, en tout et pour tout, qu’un seul fonctionnaire de l’Assemblée présent à Bruxelles! Les principaux médias français - télévision, radio, presse écrite - ont, au grand maximum, un correspondant permanent sur place.

Nos Ministres, quand par hasard ils assistent aux réunions européennes, ne s’impliquent dans le processus de négociation que beaucoup trop tard, quand l’essentiel est déjà décidé, et que plus personne ne peut revenir dessus. Quant aux partenaires sociaux, c’est encore pire, puisqu’ils ne se réveillent que lorsque le texte commence à s’appliquer en France!

L’exemple-type de ce processus absurde est le texte sur les OGM. Il a été adopté au niveau européen en 2001, sous le Gouvernement Jospin, après 4 ou 5 années de préparation en Comités Techniques. Et ce sont les socialistes qui montent au créneau aujourd’hui?

Où étaient donc ceux qui donnent des leçons aujourd’hui? José Bové, notre héros national, que faisait-il à l’époque? De quoi s’occupaient les médias et les journalistes qui en font aujourd’hui des tonnes?

L’Europe n’est, pour la plupart des hommes politiques, qu’un moyen comme un autre de s’attirer les bonnes grâces de telle ou telle frange de l’électorat. Mais quand il s’agit de passer aux actes, d’agir et de prendre ses responsabilités, il n’y a plus personne.

Le temps est venu de dire la vérité aux Français, de ne pas se laisser se développer un euro-scepticisme qui grandit sur des mensonges et de la peur.

Si l’Europe ne prend pas suffisamment en compte les intérêts français, c’est que nos gouvernements ont été incapables de les défendre correctement. Si l’Europe n’est pas assez démocratique, c’est qu’ils n’ont pas eu le courage de donner suffisamment de pouvoir au Parlement Européen. Et si l’Europe est trop éloignée des préoccupations quotidiennes, c’est que ceux qui devaient les représenter ont échoué.

La Présidence Française de l’Union Européenne, et les élections européennes qui suivront en 2009, seront le moment idéal pour proposer une véritable alternative. Une alternative fondée sur le respect des électeurs, un respect qui commence par cette chose toute simple, mais malheureusement trop rare en politique: dire la vérité.

Commentaires (0)


 
Generated in 0,351